Roland Barthes - Voltaire


"Aussi, conformément à la légende, l'anti-Voltaire, c'est bien Rousseau. En posant avec force l'idée d'une corruption de l'homme par la société, Rousseau remettait l'Histoire en mouvement, établissait le principe d'un dépassement permanent de l'Histoire. Mais par là même, il faisait à la littérature un cadeau empoisonné. Désormais, sans cesse assoiffé et blessé d'une responsabilité qu'il ne pourra plus ni complètement honorer, ni complètement éluder, l'intellectuel va se définir par sa mauvaise conscience: Voltaire fut un écrivain heureux, mais ce fut sans doute le dernier."

Roland Barthes en 1957, préface aux Romans et contes de Voltaire.

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