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Dans un numéro de Chronique de Paris (revue de 1943, où l'on pouvait notamment lire Rebatet ou Brasillach) trouvé il y a quelques mois dans une poubelle et revendu sur eBay, on s'était arrêté sur un intéressant article de Brasillach où celui-ci s'interrogeait sur la littérature française de l'époque. Il déplorait notamment qu'elle ne donnât pas un reflet exact de l'époque, de la vie quotidienne. De lui-même, il reconnaissait que la censure officielle (de plus en plus stricte au fil des années), mais aussi celle des auteurs sur eux-mêmes, devait y être pour beaucoup. Brasillach ne faisait évidemment pas allusion à la littérature clandestine (à commencer par les Éditions de Minuit, dont les débuts datent de 1942). En revanche, il évoquait la littérature policière où, selon lui, quelques romans livraient des aperçus de la vie des Français en cette période troublée. Et de citer Le Jeu du plus beau crime, d'André Laurent, paru dans la collection Le Sphinx. On a pu acheter le livre sans trop se ruiner, on l'a lu - et apprécié (c'est un assez bon roman). On y trouve en effet une intéressante peinture d'un Paris où les contrôles de papiers sont fréquents passée une certaine heure et où l'activité principale de beaucoup est de se trouver de quoi (bien) manger. Précisons quand même que Maréchal (!), l'éditeur de la collection Sphinx, est basé à Liège...
Toujours est-il que depuis, on achète ici et là, à l'occasion, des romans publiés entre 1941 et 1943, souvent de piètre qualité, à l'image du papier, avec l'espoir un brin pervers, voir malsain, de tomber sur un livre où, au détour d'une page, on croiserait la silhouette d'un soldat allemand.
Jusque-là, rien.






Commentaires

  1. Un brin pervers, oui. Mais captivant. Continuez. L'uniforme allemand finira par vous sourire au détour d'une page. En outre, ce travail sera vraiment susceptible de faire l'objet d'un travail universitaire de haute tenue.

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