Jean-François Vilar



C'est ainsi : soudain, sans que vous sachiez trop pourquoi, quelques signes, ici et là, vous donnent soudain l'envie de revenir à un auteur que vous avez beaucoup lu à une certaine époque. Il faut dire que dans le cas de Jean-François Vilar (il s'agit donc de lui), s'ajoute comme un mystère, puisqu'on reste sans nouvelles (écrites, littéraires) de cet écrivain depuis des années - depuis 1997, précisément. Qu'est-il devenu ? On n'en sait rien. On s'est donc mis en tête de retrouver tous ses écrits, de les relire, et d'évoquer de temps à autre l'ensemble qu'ils forment.
Pour commencer, et pour parler un peu de soi, on signalera le texte que Vilar écrivit (avec une extrême gentillesse et en échange d'un magnum de Jack Daniel's) à l'occasion de la première livraison d'une revue éphémère des années 80, Après la plage, que nous animions avec deux camarades - dont un certain Appas. C'est une longue nouvelle au titre huysmansien - En rade - où l'on retrouve le photographe Victor Blainville, héros fétiche de Vilar. En voici le premier paragraphe :

Ce samedi-là, Mitterrand bouclait son voyage en Caldochie, la lutte contre le SIDA progressait à grands pas mais Tchernenko allait-il passer l'hiver ? Le groupe terroriste Action Directe renaissait de ses cendres, la preuve, l'une de ses dirigeantes était en fuite après un braquage merdique, toutes les polices aux trousses. Au championnat du monde d'échecs, Karpov et Kasparov en étaient à leur 43ème partie et pour la 37ème fois ils se partageaient le point. A la page des petites annonces, une jeune femme, la trentaine, écrivain, belle et sensible, cherchait un homme de préférence charmant. Lettre, photo et téléphone souhaités. Lui écrire au journal. C'était un samedi comme pas mal d'autres et je ne savais pas pourquoi j'étais revenu dans ce bistrot. Je commandais un blanc sec.

Pour ceux que cela intéresserait, il reste quelques exemplaires de la revue, sauvés du temps et de l'humidité. On en reparlera prochainement.

Commentaires

  1. Il écrit bien. C'était gravé dans mon ciboulot sans que j'en aie jamais eu conscience.

    RépondreSupprimer
  2. Une réponse en forme de mise en abime, puisque c'est en faisant une recherche à partir de la question "qu'est devenu Jean-François Vilar", que je trouve la réponse: "Mais qu'est-il devenu?"
    Je crois que j'ai tout lu de lui, sauf le premier, "c'est toujours les autres qui meurent", et le dernier (mais je l'ai)J'ai même un ouvrage dans une collection qui réunissait un photographe et un auteur (Le piéton de Paris, d'un éphémère éditeur, ACE)

    RépondreSupprimer
  3. Les souvenirs de lecture sont liés à des souvenirs de ballades citadines. Ainsi, dans "Bastille tango", Vilar parle de l'enseigne d'un armurier qui se trouvait près de la gare de la Bastille, maintenant c'est l'opéra. Un bras immense qui tenait un fusil, et je crois que le héros veut le récupérer. j'habitais pas loin, et j'avais eu le même désir. Dans un autre il parle du fabuleux magasin du passage des panoramas, spécialiste des cannes

    RépondreSupprimer
  4. Peut-être est-ce dans "passage des singes"? Tout en me laissant prendre dans le polar, j'avais la sensation de mettre mes pas dans mes propres pas, mais cette fois dans une réalité imaginée. Après tout, le droit à ne pas donner de nouvelles...

    RépondreSupprimer
  5. Et nous avons le droit de nous demander... En tout cas, je découvre petit à petit la quantité incroyable de personnes qui se posent la question. Voilà un auteur qui a laissé un trace indélébile chez nombre de lecteurs... Merci de votre passage. Je vous signale un intéressant documentaire autour de JFV dont je parlerai prochainement.

    RépondreSupprimer
  6. J'ai eu la chance d'aller une fois chez jean-François Vilar, son appart ressemblait à celui de Victor Blainville, encombré d'un nombre incroyable de reliques dont on devinait derrière chacune une histoire. Oui, qu'est-il de venu et pourquoi n'écrit-il plus ? Il me manque

    RépondreSupprimer
  7. Moi aussi, je suis allé une fois boulevard des Filles-du-Calvaire, avec un magnum de Jack Daniel's. On aperçoit l'intérieur dont vous parlez dans le film présenté là (http://pa.sauvageot.free.fr/-Pages/Vilar.htm). Quant à savoir ce que JFV est devenu, on commence à avoir quelques pistes...

    RépondreSupprimer
  8. Votre dernier commentaire (3 août) titille fortement la curiosité de l'admirateur de Vilar que je suis. Comme bien d'autres, je me demande ce qu'il est devenu... En passant, vous reste-t-il toujours des exemplaires d'Après la plage? J'aimerais beaucoup lire sa nouvelle, En rade.

    RépondreSupprimer
  9. Pareil que vous. Pendant une période, j'ai dévoré tous les livre de Fean François Vilar. Je l'ai fait lire à des amis qui se retrouvaient totalement en lui.
    Je me souviens d'une image fugitive de lui dans un reportage d'Arte (je crois) (ou un documentaire) il y a bien 15 ou 20 ans.
    Depuis cette lecture deux ou trois fois l'an je fouille les libraires à la lettre V.
    Et cet après midi l'idée de regarder sur internet, pour trouver un regroupement de gens de hasards, qui se demandent ce qu'il est devenu.
    Il me manque aussi beaucoup.
    J'espère qu'il écrit sous un pseudo.
    Si vous avez des pistes , s'il vous plaît donnez les nous... Au moins savoir s'il est vivant, en pas trop mauvaise santé, ce qu'il pense de la société actuelle, tellement en lutte entre le pas
    sé et le futur.

    RépondreSupprimer
  10. Beaucoup de lecteurs ont été marqués par JF Vilar. Nous-mêmes venons d'ouvrir un blog (dont il est question dans un autre post sur ce blog-ci - cliquer sur le tag "Vilar"), non pas pour le "pister" mais au moins pour marcher dans ses traces parisiennes.
    Le documentaire était peut-être "JF Vilar, 95% de réel", qui a été diffusé sur Planète en 1999 et que l'on peut acheter en DVD auprès de son auteur : http://pa.sauvageot.free.fr/ (ça vaut le coup, au moins pour les vilarophiles !).
    A part ça, nous savons qu'il est vivant, nous ne pensons pas du tout qu'il ait publié quoi que ce soit depuis 1997 sous un autre pseudo. Quant à sa relation à l'actualité, il reste fidèle à la famille politique qu'il a choisi dans les années 60, il a plusieurs fois signé des textes et des pétitions qui le démontrent, et il a rendu hommage il y a un an à son vieux camarade Daniel Bensaid (comme nous le rappelions sur notre blog).
    A bientôt
    http://passagejfv.eklablog.com/

    RépondreSupprimer
  11. Retrouvant par hasard Bastille tango - par lequel j'avais découvert cet auteur, avant de lire quasiment tout de lui - je l'ai offert récemment à un ami (qui a adoré aussi).
    Régulièrement, je regarde à la médiathèque de ma ville si je n'y trouve pas de nouvelle perle, et non !
    Et me posant tout d'un coup la même question que vous tous, je tombe sur ce blog.
    Reste-t-il encore un exemplaire de votre revue ? Si oui,comment pourrais-je me la procurer, s'il vous plaît ?
    Merci de votre réponse.

    RépondreSupprimer
  12. Merci de votre commentaire. Oui, oui, il m'en reste une poignée, que je cède pour quelques euros. Envoyez-moi un mail, si cela vous intéresse, et je vous expliquerai tout...

    RépondreSupprimer
  13. bonjour
    je viens de lire et de tomber par hazard sur vos pages en recommandant a gerard lavalette , le photographe du 11 de lire JF Vilar, qu'est il devenu, est il à Prague, j'ai plusieurs exemplaires dans ma bibliothèque et " en rade " que vous publier chatouille mon esprit de collectionneur, vous en reste t il encore olivier
    oescande@yahoo.fr

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés