Ex-libris


Ex-libris d'Edouard Manet

Cela arrive parfois : à l'intérieur, généralement en page de garde, d'un de ces livres plus ou moins anciens qu'on achète ici et là, plus ou moins compulsivement, on découvre l'ex-libris d'un précédent "propriétaire" du volume. On n'a jamais été tenté d'apposer ainsi cette marque d'appartenance, dont ignore en réalité à quel besoin exact elle répond. S'approprier un livre, voire une oeuvre ? Se défendre des emprunteurs indélicats ?
Il se trouve qu'on a récemment acquis à quelques semaines d'intervalle, dans la collection Portrait de la France, Pays parisiens de Daniel Halévy et Montsouris de Louise Hervieu. Il se trouve aussi que les deux volumes portent le même ex-libris. Celui d'un certain Serge Le Tellier. En googlant son nom, on a découvert qu'il avait été patron de Clairefontaine et qu'il était décédé en 2008. En passant sur abebooks, on a compris que cette personne collectionnait les livres sur Paris - au vu des titres, nombreux, comportant son ex-libris.
So what ?
Serge Le Tellier est mort, et les livres qu'il avait (passionnément, sans doute) rassemblés et ornés de son ex-libris ont été dispersés, pour se retrouver un peu partout, entre les mains d'inconnus. C'est un peu triste. En même temps, la petite marque qu'il avait laissée dans ses livres permet à sa collection de perdurer, d'une certaine manière. Et à lui-même de goûter post mortem à une forme d'immortalité terrestre.

Commentaires

  1. Créer un www.sergelettellier.fr qui rassemblerait les scans de sa collection dispersée ? Créer un Facebook ? Un Flickr ? Ne rien faire et laisser S.Lettellier tranquille ?

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  2. L'ex-libris est un vaste mouvement mondial qui va tout submerger. C'est incroyable.

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  3. Je ne vous le fais pas dire. Mais ne sous-estimons pas les collectionneurs d'étiquettes de melon : les cucurbitacistes n'ont pas dit leur dernier mot...

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