Paul Kenny - Indicatif FX 18




Il aura suffi d'une brocante champêtre et d'une caisse d'une trentaine de romans policiers et d'espionnage cédée pour 5 euros pour qu'on assouvisse un vieux fantasme : lire un Coplan, alias FX 18. L'espace d'une parenthèse, sugnalons que derrière le pseudonyme de l'auteur, Paul Kenny, se cachent Gaston Van den Panhuyse et Jean Libert, duo belge prolifique à qui on doit plus de cent trente romans des aventures de Coplan. En 1981, année de la mort de Gaston Van den Panhuyse, Jean Libert prend la suite seul pour une dizaine de volumes, avant d'être remplacé par Serge Jacquemard jusqu'en 1996. En tout, les amateurs ont plus de deux cent trente livres à se mettre sous la dent !
Mais revenons à Indicatif FX 18, 74e mission de Francis Coplan publiée en 1963 sous une couverture de Michel Gourdon qui n'a évidemment aucun rapport avec le contenu. Le bouquin démarre en fanfare :

Francis Coplan en pantoufles. C'était tellement inattendu, tellement exceptionnel, tellement cocasse qu'il n'en revenait pas Iui-même.
Et pourtant, c'était vrai.
Dans son modeste appartement de célibataire, au second étage d'un vieil immeuble de la rue Vivienne, à Paris, Francis savourait depuis quelques heures un plaisir tranquille et subtil dont il avait presque perdu le souvenir : le plaisir de flâner chez soi, loin des soucis du monde, loin des dangers de l'aventure.
Drapé dans une robe de chambre bleu-marine qui commençait à donner des signes de fatigue (il l'avait achetée en 1947, dans une boutique de la rue Caumartin), il faisait la navette entre le living et la cuisine, sans hâte, visiblement décontracté, un peu guilleret pour tout dire.

"Un peu guilleret pour tout dire" : cela résume assez bien le livre, écrit en pilote automatique, dans un style très relax - à l'image du héros. L'histoire, en deux mots, est celles de scientifiques anglais et américains souhaitant faire passer en France des documents qui permettraient au pays de se doter de l'arme atomique - Kennedy étant apparemment contre cette possibilité. Le livre a ce qu'il faut d'agents doubles et de jolies filles, que notre agent secret ne dédaigne pas lutiner à l'occasion (en mode soft), de meurtres et de bagarres, ponctuant une intrigue un rien emberlificotée dans laquelle on se perd un peu. Dans le cours du roman, le lecteur a droit a un petit clin d'oeil, avec une scène où l'auteur imagine une rencontre entre Coplan et Jacques Bergier, au Café Ruc (qui n'était pas encore dans le giron des Costes), afin qu'il l'éclaire sur des documents.

- Je vous croyais au Pérou, dit-il en serrant la main de Francis et en examinant celui-ci de ses yeux vifs et mobiles derrière ses lunettes. C’est notre ami Kenny qui m’a raconté cela, nous avons déjeuné ensemble, ici-même, il y a une quinzaine de jours.
- C’était peut-être vrai à l’époque, répondit Coplan, souriant. Heureusement, je ne me trouve jamais à l’endroit où je suis censé me trouver… Voyons d’abord le menu…

Amusant.
Au final, tout cela est distrayant, pas inintéressant d'un point de vue historique, et il se pourrait qu'on se reprenne un jour à lire un autre Paul Kenny.

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