Quelques dédicaces - Bernard Grasset




commentaire : le Lardanchet dont il est question est Henri Lardanchet (1875-1935), libraire et éditeur, qui ouvrit sa librairie dans les années 1920, à Lyon, 10 rue du Président Carnot (le lieu est aujourd'hui une agence Nouvelles Frontières). Il est l'auteur d'un unique livre publié en 1905 chez Perrin, Les Enfants perdus du romantisme, espèce de martyrologe assez réjouissant de petits romantiques aux destins tragiques (Jean-Pierre Veyrat, Louis-Auguste Berthaud, Hégésippe Moreau, Charles Lassailly, Ausone de Chancel, Hector de Saint-Maur, Jean-George Farcy, Jacques-Imbert Galloix, Armand Lebailly, Napoléon Peyra et Adolphe Vard). Il présida le Syndicat de l'Edition et le Cercle de la Librairie. Sa librairie sera reprise en 1936 par ses fils Paul et Armand. En 1947, le premier s'installera à Paris, place Beauvau, à l'angle de la rue de Miromesnil et de la rue du Faubourg Saint Honoré. D'après ce qu'on a cru comprendre, Paul Lardanchet, quoique plutôt pétainiste, fut arrêté en 1941 pour avoir publié un ouvrage critique à l'égard des Allemands et emprisonné peu de temps au fort Monluc, à Lyon, où il partagea la cellule de Raymond Aubrac.
On ignore qui était les neuf autres des "dix libraires de France" auxquels Bernard Grasset fait allusion dans cet envoi d'un livre paru en 1928.

Commentaires

  1. On peut dire que vous avez vraiment le chic pour trouver des... Je l'ai déjà dit.

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  2. Ajoutons, pour l'anecdote, que l'éditeur Paul Lardanchet avait alors également publié « Les Idées restent. Contre les mensonges qui nous ont fait tant de mal » de Henri Massis, l'officier de presse du général Huntziger à Sedan, ainsi que « La seule France. Chronique des jours d'épreuve » de Charles Maurras, qui continuait alors d'animer le quotidien L'Action française, replié à Lyon. Paul Lardanchet commit au début de 1943 l'imprudence de publier un ouvrage d'Alfred Fabre-Luce (le second tome de son Journal de la France, a priori) sans l'avoir soumis préalablement à la censure allemande. Il fut donc convoqué par la police allemande, peu après la rafle de Caluire et se retrouva dans le même cachot de la prison de Montluc que le résistant Raymond Aubrac. Tous deux discutèrent ensemble toute la nuit. « Ce fut la meilleure nuit que j'ai jamais passé en prison », nota le chef résis-tant dans ses mémoires. Lardanchet sera relâché au bout d'une dizaine de jours. Raymond Aubrac lui demanda alors de prévenir son épouse Lucie. Ce qu'il fit, lui permettant ainsi d'organiser sa libération (3).

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  3. Paul était le fils de Henri

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