Quelques dédicaces - Éric Neuhoff




Prêter un livre, c'est prendre le risque de ne plus le revoir. Parce qu'on finit par oublier qu'on l'a prêté ; parce qu'on perd de vue les emprunteurs ; parce que le livre, au fond, n'avait pas beaucoup d'importance ; ou parce que le temps a tellement passé que l'on n'ose plus aller réclamer son bien. Bizarrement, sans qu'on s'explique pourquoi, on garde un souvenir tenace de certains ouvrages prêtés et jamais revus - pêle-mêle, La Ligne de front de Jean Rolin, Ludo & compagnie de Patrick Lapeyre, Mangeurs d'oignons de JP Donleavy, Daimler s'en va de Frédéric Berthet et, plus loin, Le Manuel des Castors Juniors et le Hamster Jovial de Gotlib (celui-ci, on ne l'a toujours pas digéré).
Le Neuhoff, prêté à contrecoeur, nous est revenu aujourd'hui. On avoue bien aimer le petit envoi qui l'ouvre - on imagine l'auteur rue Huyghens en pleine séance de signatures du service de presse, qui commence sérieusement à fatiguer et balance cet "encore moi" expéditif, qui règle tout problème. Précisons que le livre est une merveille, un des plus sensibles et personnels écrits sur Truffaut. Et c'est peut-être aussi le meilleur bouquin de Neuhoff.

Commentaires

  1. Vous avez de la chance. Mon exemplaire de la Lettre à Truffaut prêté à une gourgandine au pied léger a définitivement disparu.
    (Dans son "Journal de lectures" paru chez L'Age d'Homme en '91, Pol Vandromme a écrit de belles lignes sur Eric Neuhoff.)

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