Le Palais Rose de Robert de Montesquiou












commentaire : on cite volontiers le sublime cri du coeur de Robert de Montesquiou-Fezensac lorsqu'il visita pour la première fois les lieux : " Si cette maison, qui n'est pas à vendre, et que d'ailleurs mes moyens modestes ne semblent guère me mettre en état d'acquérir, si cette maison improbable, impossible, et pourtant réelle, n'est pas à moi demain, je meurs ! " On ne confondra pas ce Palais Rose, situé au Vésinet, en banlieue parisienne, avec celui que Boni de Castellane se fit édifier en 1896 à Paris même, avenue Foch. Le Palais Rose du Vésinet date de 1899 et fut construit pour l'armateur Arthur Schweitzer. Il passa ensuite entre les mains du milliardaire Pârsî Ratanji Jamsetji Tata, qui ne l'habita jamais et le vendit à Robert de Montesquiou (en 1906 ou 1908, ça n'est pas très clair). L'inspirateur du Charlus de Proust et du Des Esseintes de Huysmans y connut de grands triomphe mondains aussi bien que de terribles moments de solitudes ; il y dilapida aussi une grande partie de ses "modestes moyens". Il vécut là jusqu'en 1921. Lui succéda deux ans plus tard la marquise Casati, personnalité aussi excentrique et dispendieuse, ce qui n'est pas peu dire. 
En plus de donner à la demeure, inspirée du Grand Trianon de Versailles, son surnom de Palais Rose, Montesquiou y ajouta son Ermitage (ou Hermitage), bâtiment destiné à abriter sa bibliothèque - une riche bibliothèque dont la vente à l'Hôtel Drouot, en 1923, demanda pas moins de dix jours. Il fit aussi construire dans le jardin un petit édifice à colonnes, imité pour sa part du Temple de l'Amour du Petit Trianon, avec en guise de bassin une vasque en marbre rose qui aurait servi de baignoire à Mme de Montespan puis à Mme de Pompadour... Dans Les Pas effacés, un des tomes de ses mémoires, notre poète en parle ainsi : " L'onde y pleurait, y jouait et, le soir, l'électricité, emprisonnée sous la coupole, faisait apparaître, au centre de ce paysage, comme un kiosque lumineux, soutenu par huit colonnes d'ombre ". De quoi bluffer ses invités venus de la capitale.

Commentaires

  1. La vasque voyageuse est maintenant dans l'orangerie du château de Versailles.

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  2. Pas dégueu comme crèche.

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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