Edouard Merino - Avant la neige, Je suis une Mercedes 300SL, Mario



commentaire : ils sont parfois tortueux les chemins qui nous mènent jusqu’à un livre. Pour celui-ci, on part d’un Tumblr où il était question de Pierre Le-Tan. Curieux qu'on est, on va chercher du côté de Google pour voir qui se cache derrière. On découvre qu’il s’agit d’Édouard Merino, co-fondateur de la galerie d’art Air de Paris. O.K.. Dans la foulée, on découvre aussi qu’il a écrit un livre pulié en 2006 dont le titre, forcément, ne nous laisse pas indifférent : Avant la neige, Je suis une Mercedes 300SL, Mario. On cherche où se procurer l’ouvrage. On va sur le site de l’éditeur, Les Presses du Réel, on voit la présentation du livre (graphisme de la couverture signée M/M) et on passe commande – le prix relativement modeste, 9€, ayant raison d’une éventuelle hésitation.
Et une fois ledit livre en main, on ne regrette pas notre achat. Un OLNI, en quelque sorte, distribué en trois parties : Avant la neige, Je suis une Mercedes 300SL (ou Quelques-uns que je ne suis pas, ça n’est pas clair), Mario. Avant la Neige, c’est une espèce de long poème déstructuré, sans queue ni tête, composé pour une grande part d'emprunts - à des romans (on a identifié Enid Blyton, Guy Debord, Dan Simmons ou Raymond Abellio), des films (Rohmer), des paroles de chansons (Lenny Kravitz). Quelques-uns que je ne suis pas (à moins que ça ne soit Mercedes 300SL, ça n'est toujours pas clair) fait dans le haïku postmoderne, quelque mots perdus sur la page, en haut, en bas, au milieu ("Le morceau de poivron vert qui tombe du saladier en bois"). Et enfin, Mario, notre préférée, sorte de carnet d’un certain Mario, donc, qui dans la forme comme dans le fond, ne serait pas sans nous rappeler un certain Daimler…

Un été, pris d’une cinéphilie fébrile, Mario décida d’aller voir tous les films d’Éric Rohmer. Pour Mario, les héroïnes d’Eric Rohmer étaient super réelles, bien plus réelles que les jeunes filles qu’il pouvait croiser dans la rue. Cette séance journalière lui procurait un véritable soulagement. Il regardait avec plaisir une jeune fille préparer un dîner, une autre sourire sur une plage à Dinar, une tâche sur un canapé. Mario en sortait médusé et remarqua que dans plusieurs des films les héroïnes portaient des Spring Court blanches. Se pouvait-il qu’Eric Rohmer eût la même fascination que Mario pour les Spring Court blanches immaculées ?

Mario ne buvait pas de Château Chasse-Spleen pour son nez intense et complexe, pour ses notes de cèdre, de bois toasté, de mûres… Non.

Blanche, immaculée, neuve. Mario avait choisi une Miele.

Mario remarqua qu’il y avait un rapport direct entre Paul Verlaine et Claude François.

En ce qui nous concerne, on aime beaucoup. Beaucoup.


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