Émile Josome Hodinos



De son vrai nom Joseph Ernest Ménétrier, Émile Josome Hodinos est né à Paris en 1853 et mort à Neuilly-sur-Marne, à l'hôpital de Ville-Evrard en 1905. Il apprend dès seize ans le métier de graveur de médailles, chez un graveur réputé, il suit des cours à l'École de dessin de la rue de l'École-de-Médecine à Paris. De 1873 à 1874, il effectue son service militaire et passe ensuite deux ans à l'École des Beaux-Arts. Et c'est en 1876 qu'il se retrouve (en placement volontaire, pour "excitation maniaque") à l'hôpital de Ville-Evrard, une maison spéciale de santé réservée aux malades payants. Il n'en sortira plus. Il semblerait qu'il n'ait commencé de dessiner qu'une dizaine d'années après son internement et qu'il ait produit une oeuvre considérable dont seule une partie a survécu.
On ne connaissait pas cet artiste rangé dans la boîte "art brut" (on ne voit vraiment pas pourquoi), ce qui l'empêche sans doute d'accéder à la reconnaissance qu'il mériterait. On est tombé par hasard sur cette oeuvre indéfinissable, profondément moderne, et c'est pour nous une vraie révélation.













Commentaires

  1. pourquoi Hodinos est-il "rangé" dans la catégorie art brut ? Sans doute pour des raisons historiques, parce qu'à son époque personne ne s'intéressait à l'art produit hors des circuits de l'art. Plus tard, des médecins amateurs d'art, puis les surréalistes, ont mis en lumière "l'art des fous", l'art des spirites, etc. Et Dubuffet a ouvert grand sa porte à tout ce qui se créait en dehors du "milieu", abritant tout cela sous l'étiquette "art brut". Plus l'étendue de ce champ créatif s'élargissait, et plus on a affiné les termes : art "hors-les-normes", art "outsider", art singulier (et la singularité, ça vous connait !). Vous avez raison de vous interroger sur Hodinos, en ce qu'un artiste "brut", d'après Dubuffet, devait être exempt de toute culture et de tout enseignement artistique, ce qui ne fut pas le cas de Hodinos. Dubuffet lui-même, confronté à certains artistes "formés", mais exclus (maladie, enfermement, isolement...), ignorés du milieu de l'art et suivant leur voie en dehors de ce milieu, créa une nouvelle catégorie : la "Neuve Invention". Hodinos relève sans doute de cette catégorie un peu décalée de la famille de l'art brut (avec Louis Soutter, Michel Nedjar, Gaston Chaissac, Chomo, etc.). Et je ne suis pas très sûr, contrairement à ce que vous écrivez, que depuis quelques années, l'étiquetage "art brut" empêche d'accéder à la reconnaissance... ?

    RépondreSupprimer
  2. Pour tout vous dire, je suis "tombé" dessus en faisant des recherches sur Jeanne Tripier - elle aussi découverte par Dubuffet. Et pour ce qui est de l'art brut, beaucoup de prétendus artistes / artistes auto-proclamés s'en réclament pour produire ce que j'appellerai du caca-boudin. Du coup, des gens un peu superficiels dans mon genre, n'ont pas forcément envie de s'intéresser à la chose...
    Je persiste à penser que si Hodinos n'était pas étiqueté art brut, il y aurait un peu de littérature sur lui ) ce qui n'est pas le cas.

    RépondreSupprimer
  3. Vous trouverez une sélection d'écrits de Hodinos dans l'essentiel "Écrits bruts", P.U.F., 1979. Dubuffet lui a consacré un numéro de ses "Cahiers d'art brut" dans les années 60. Je suppose que Thévoz en parle dans son "Langage de la rupture". On le retrouve aussi dans des catalogues du Lam de Villeneuve d'Ascq. Contrairement à ce que vous pensez, Il y a un peu de littérature sur lui - et c'est bien par ce qu'il est classé dans l'art brut, quoi qu'on puisse penser de ce classement.

    RépondreSupprimer
  4. Quand je parlais de littérature, je pensais à un ou deux ouvrages qui lui soient exclusivement consacrés. IL n'y en a visiblement qu'un et pas commode à trouver...

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés