Pierre Le-Tan - Quelques collectionneurs



commentaire : cela faisait seize ans, rien que ça, que l'on n'avait pas eu droit à un vrai livre de Pierre Le-Tan - depuis 1997 et son Carnet des années Pop, publié à l'enseigne du Promeneur de Patrick Mauriès. Autant dire que l'on s'est rué sur cet album qui, comme son titre l'indique, trace les portraits de collectionneurs que l'auteur a - ou plus exactement aurait - croisés ici et là, depuis son enfance jusqu'à aujourd'hui. Les fidèles de l'illustrateurs sont en terrain connu (un peu trop, sans doute, c'est le petit reproche qu'on pourrait faire au livre…), même si PLT est venu malicieusement brouiller les cartes en invitant dans l'ouvrage quelques collectionneurs imaginaires. Ce sont d'ailleurs eux qui donnent les meilleurs portraits, tel celui de l'improbable Pedro Dutveld, qui collectionne de mystérieux papiers froissés dans sa maison de la Villa des Ternes : portrait modianesque, nostalgique, où l'on croise le très oublié comique Jean Rigaux, à la brasserie la Lorraine.
Pour être honnête, on a éprouvé en fermant le livre une gêne diffuse, nourrie sans doute par le regard que porte Le-Tan sur les autres collectionneurs et par ses rapports avec certains. Gêne diffuse, donc, mais aussi un abattement vague. C'est que le sujet est infiniment sombre, dans le fond : la "collectionnite" est une forme de pathologie, pour certains même une malédiction, souvent liée à la mort, où l'on balance constamment entre l'euphorie la plus absolue et un abattement total. Le portrait que PLT trace de lui-même et des autres, par petites touches, donne au final un livre plein de charme, certes, mais un rien crépusculaire.

Commentaires

  1. Un livre "un rien crépusculaire"... Difficile d'être solaire par les temps qui courent. Bon ouikend.

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