Gilles Sebhan - Mandelbaum ou le rêve d'Auschwitz



commentaire : on avait beaucoup aimé le livre de Gilles Sebhan sur Tony Duvert (ici) : "un court essai, fulgurant, qui nous a proprement happé. La construction de l'ouvrage, le parti-pris stylistique, la façon d'utiliser les rares témoignages et documents ou d'interroger les faits... tout est incroyablement maîtrisé." On pourrait reprendre les mêmes termes pour parler de ce nouveau texte, qui est peut-être encore plus "happant", si l'on peut dire, que le livre sur Duvert.
L'objet de l'enquête de Sebhan, cette fois, est Stéphane Mandelbaum, peintre belge né en 1961 et assassiné vingt-cinq ans plus tard. On ne connaissait pas. Son oeuvre, étrange, violente et tourmentée, fait penser à Bacon par certains aspects, à Basquiat par d'autres, et par d'autres encore à ces artistes que l'on range à tort ou à raison dans le fourre-tout de l'art brut. On en reproduit quelques exemples, sachant qu'il y manque ses travaux les brutaux, les plus provocateurs et les plus pornographiques. 
Quant au personnage que Sebhan tente de décrypter, il est tout aussi dérangeant, fascinant, difficile à cerner. Son rapport complexe à la sexualité, mais aussi à la judéité sont au coeur d'une trajectoire singulière, qui s'achève dans une inévitable tragédie, forcément, sordide et crapuleux qui fait irrésistiblement penser à la fin de Pasolini, dont Mandelbaum a fait plusieurs portraits.

Un livre impressionnant, vraiment. 










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