Lucien Daudet - Le Prince des cravates



commentaire : il sort donc aujourd'hui, ce petit livre auquel on a contribué. Le Prince des cravates est le titre d'une nouvelle publiée pour la première fois dans Le Mercure de France en 1908, sous le titre de La Réponse imprévue, et reprise deux ans plus tard, avec un nouveau titre - Le Prince des cravates, donc - dans un recueil de nouvelles auquel elle donna son titre. Le texte est court, mais délicieux, quelque part entre Balzac et Proust. Il est accompagné d'une présentation de l'auteur, d'une bibliographie commentée (une quinzaine d'ouvrages), de l'article que Proust publia dans L'Intransigeant sur le recueil, de celui qu'il fit signa ensuite sur Le Chemin mort, premier roman de Lucien Daudet, et de l'article lumineux et visionnaire de ce dernier publié en une du Figaro, le 27 novembre 1913, à la parution de Du Côté de chez Swann, dont il fut un des premiers lecteurs.
« Ma vie sera ce qu’elle sera, mais je ne désire qu’une chose, c’est qu’on ne parle pas de moi », écrivit un jour Lucien Daudet dans une lettre adressée à sa mère. Il avait été exaucé, jusque-là, mais le moment est peut-être venu, presque 70 ans après sa mort, de s'intéresser à cet homme fin et élégant, fils de, frère de et ami de, profondément attachant dans sa volonté constante de ne pas se faire remarquer, de se faire oublier, même, alors qu'il semblait avoir tout, ou presque, pour réussir. « Je préfère cent fois rester toute ma vie un “amateur” plutôt que de me livrer à ces travaux d'approches, correspondances, intrigues, qui sont la base de la vie littéraire, du succès, etc. Je ne peux pas. D'ailleurs je n'ai pas d'ambition. Je suis le fils d'un homme dont la célébrité et le talent comptent pour plusieurs générations, je reste sous son ombre et m'y trouve bien. Si ce que j'écris a la chance de plaire à cent personnes, je trouve cela déjà très beau et je suis trop difficile quand il s'agit du talent des autres pour ne pas l'être quand il s'agit de moi. J'ai un sens critique trop développé que j'applique d'abord à moi-même et qui ne me donne ni vanité ni illusion ni désillusions. » Cent personnes ? On se dit que ce Prince des cravates a de quoi plaire à un public beaucoup plus large...

nos livres : ici

Commentaires

  1. "La vie est trop courte pour que nous soyons autre chose que des amateurs" a dit Chaplin puis JC Biette ! J'achète ce livre sur le champ.

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire

Articles les plus consultés