La beauté révélée



Commentaire : l'Américaine Sarah Goodridge (1788-1853) eut semble-t-il en son temps une jolie carrière de miniaturiste. C'est autour de 1828 qu'elle réalisa la petite chose reproduite ici, dont le titre, Beauty Revealed, ne lui fut attribué que bien plus tard. Des seins, donc, peints à l'aquarelle sur un support en ivoire de 6,7 cm sur 8, lequel support se trouve à l'intérieur d'une boîte rouge. Goodridge envoya cette oeuvre singulière à un certain Daniel Webster, homme politique dont elle avait réalisé le portrait. Nul ne sait avec certitude à qui appartiennent les seins représentées. Sachant que Webster venait de perdre sa première femme (en janvier 1828), deux hypothèses se présentent. Ou bien Goodridge éprouvait une certaine inclination pour son modèle, et ce sont ses seins qu'elle a couchés sur l'ivoire - son envoi prenant l'allure d'une déclaration en bonne et due forme. Ou bien, c'est un veuf éploré qui lui demanda cette représentation originale de la défunte, pour une raison seulement connue de lui. Le fait est que le tissu qui entoure la poitrine n'est pas sans évoquer un linceul... 
Daniel Webster se remaria en décembre 1829, mais pas avec Sarah Goodrige. Ils restèrent néanmoins en relation, puisque la peintre réalisa à plusieurs reprises le portrait de son “dear, good friend ” et qu'elle alla même lui rendre visite à Washington - quittant pour la première sa ville de Boston. Le mystère reste entier sur la nature exacte de leurs relations. Beauty Revealed, qui resta longtemps dans la famille Webster, se trouve aujourd'hui au Metropolitan Museum of Art de New York. 


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