Emplettes



commentaire : il devait y avoir quatre-vingt livres, posés en une dizaine de piles à même le sol, au milieu de l'habituel assortiment d'objets en tout genre récupérés ici et là, invraisemblable bric-à-brac vendu en marge des brocantes et vide-greniers par des “biffins” majoritairement chinois et roms. Ici, notre vendeur était chinois. Attiré par les couvertures des Mercure de France (voir plus bas), on a commencé à en feuilleter un pour s'apercevoir qu'il était enrichi d'un envoi. Léger coup d'adrénaline, dont on ne laissa rien paraître tandis qu'on mettait le bouquin de côté, l'air de rien, comme s'il ne nous intéressait pas plus que ça. Ensuite, on a jeté un coup d'oeil à tous les livres, l'un après l'autre, pour s'apercevoir que tous ou presque étaient dédicacés. Dans le tas, il y avait un Morand et un Giraudoux, sans doute nos plus belle “prises”, mais aussi un Galtier-Boissière, des Claude Farrère et des Georges Duhamel en veux-tu en voilà (on n'en a pris qu'une partie), et d'autres auteurs qu'on découvrira plus bas - et d'autres encore qu'on ne connaissait pas. Le José Germain à qui tous ces livres (des années 1920 et 1930) furent adressés est un chroniqueur, essayiste et romancier un peu dur à suivre (son oeuvre, pléthorique, brasse tout et n'importe quoi, et n'a apparemment rien laissé de bien intéressant), que ses positions et activités collaborationnistes pendant la Seconde Guerre mondiale ont durablement plongé dans les oubliettes. Mais il connaissait apparemment beaucoup de monde.
Pour en revenir à nos piles de livres, on ne pouvait malheureusement pas tout prendre, pour diverses raisons, et il nous a fallu faire un choix, abandonnant ds dizaines de livres à un destin incertain - d'autres acheteurs dans le meilleur des cas, la poubelle en fin de journée dans le pire. Toujours est-il qu'on est heureux de ces trouvailles, qu'on va pour la plupart mettre en vente sur un site de vente aux enchères…























Ce livre et le suivant, quoique dépourvus d'envois, faisaient partie du lot. On a pris le premier parce qu'on est intéressé par Léon Pierre-Quint - dont on espère un jour publier (rééditer) l'un de ses essais. Quant au second, il nous a intrigué par son titre. D'autant qu'en 1922, date de publication de cette Vie cosmopolite, Dekobra n'avait alors que 37 ans… Y' avait-il donc déjà tant à dire sur lui ?  






Elle est étonnante, cette maquette, avec une couverture dont les éléments de titres auraient disparu de la première pour se glisser en quatrième. Il s'agit en fait de la réédition d'un court texte publié hors commerce un an plus tôt, en 1974, à tirage limité (1 500 exemplaires). Il y avait visiblement un bandeau - comme en témoigne la photo ci-dessous, mais notre exemplaire ne l'avait plus. Voici le texte qui ouvrait la première édition :

Cet ouvrage inédit est le deux mille sept cent cinquante-troisième titre de la collection. Le tirage a été limité à 1 500 exemplaires tous hors commerce, réservé aux Amis du Livre de Poche. Il a été imprimé sur rotative et broché par Brodard et Taupin, usine de La Flèche, qui a déjà tiré sur les même presses plus de quatre cent cinquante millions d'exemplaire du Livre de Poche. Il a été composé en Aster corps 10 par la Composition Moderne Luxain. la photogravure de la couverture est de la S.O.P. d'après une photographie de l'auteur par Édouard Boubat. Le papier est un vélin Belledonne des Papeteries du Domeynon.

La photographie est d'Édouard Boubat.



Comme on était un bon client, notre vendeur nous a gentiment offert ce livre, qu'on avait ajouté au vingt autres. On a déjà souvent parlé ici même de Louis Chadourne, auteur qu'on affectionne. Avec ses magnifiques bois gravés de Pierre Falké mis en couleurs par Jean Saudé, cette édition du Pot au Noir nous manquait - et pour cause : elle est souvent hors de prix. On a hérité ici d'un des 200 exemplaires sur Hollande. En bon état, il faudrait plusieurs centaines d'euros. Notre exemplaire a malheureusement un dos très abîmé, en partie manquant, et une “tranche de gouttière” assez usagée. Mais cela reste une merveilleuse acquisition.




Et pour terminer, ces horreurs, parce qu'on n'a pas pu résister…






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