Emplettes



commentaire : un petit (par le format et la pagination) livre publié en 1931, dont on n'a pas trop saisi où il voulait en venir - on verra bien à la lecture. En le feuilletant, on a relevé les noms de Chirico, Léon-Paul Fargue, Cendrars, Picasso… Et puis, il y a ces illustrations de Roland Ansieau, étonnantes, intrigantes, qu'on reproduit. Pas grand-chose à dire sur l'auteur, dont l'oeuvre est disparate, sinon qu'il  s'est spécialisé autour des années 60/70/80/90 dans la magie, le fantastique, le mystérieux, avec des ouvrages de vulgarisation publiés ici et là. Cette Rencontre de l'automate est son second livre et, apparemment, un de ses plus singuliers.








On reste un indécrottable fan de Robbe-Grillet, et cette édition des Gommes manquait cruellement à notre collection. Ce premier roman (le premier publié) d'ARG a la particularité d'être sorti en même temps sous la couverture des Éditions de Minuit et à l'enseigne du Club Français du Livre. Les maniaques considèrent même la version CFL comme la véritable édition originale du livre puisqu'elle sortit des presses de l'imprimeur deux jours avant celles de chez Minuit (où l'on tira tout de même 50 exemplaires numérotés sur vélin supérieur, qui restent les plus recherchés et les plus cotés).
Dans Préface à une vie d'écrivain (transcription d'entretiens diffusés sur France Culture), publié au Seuil en 2005, Robbe-Grillet évoque les conditions dans lesquelles les Gommes ont été publiées. Quand Jérôme Lindon reprend (à 22 ans !) les Éditions de Minuit en 1948, la maison est en état de faillite, criblée de dettes, et vouée à fermer ses portes. Avant d'en arriver là, Lindon veut quand même faire une chose : éditer Beckett, dont personne ne veut. La maison survit tant bien que mal, et lorsque, quelques années plus tard, Lindon décide de publier les Gommes, la situation économique de Minuit est toujours aussi mauvaise. 

“Il n'avait même pas assez d'argent pour le faire imprimer, raconte Robbe-Grillet. Il lui a fallu convaincre le Club Français du Livre d'en faire une coédition. Ce Club publiait des livres-club, c'est-à-dire des livres déjà publiés en librairie. Georges Lambrichs, l'adjoint de Jérôme durant cette période, était assez ami avec un certain Grégory [Claude Grégory, voir ici), qui dirigeait les éditions du Club Français du Livre avec le soutien de L'Hospital à qui cela appartenait. C'était une bonne équipe. Ils ont convaincu L'Hospital de publier des inédits, donc de coéditer des livres n'ayant pas encore fait leurs preuves auprès du public. Il faut dire que le beau-frère de ce Grégory, qui était Francis Blanche, avait décidé qu'on allait faire des Gommes un film, et qu'il jouerait lui- même le rôle de Wallas, ce qui était vraiment une idée merveilleuse ! Cela ne s'est malheureusement pas fait. Néanmoins Les Gommes est sorti au Club Français du Livre, et les Éditions de Minuit ont photocopié l'édition du Club pour en faire l'édition de librairie. Cela explique le fait que le livre est composé en égyptienne, alors que tous ceux des Éditions de Minuit sont en caractères du genre Elzévir.”

Si la partie texte des deux versions est à l'identique, l'édition CFL est enrichi de tout ce qui fait le charme de ses maquettes. Une magnifique page de titre, des photos (étrangement non créditées, alors qu'elles correspondent de façon troublante aux décors du roman) et une présentation de l'auteur, avec sa photographie.
Rappelons que le livre sortit dans une relative indifférence.

















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