Papier cristal (4)



Le papier cristal a plusieurs noms : on l’appelle aussi papier pergamine, papier simili-sulfurisé, voire parfois glassine, le terme utilisé en anglais. Il semblerait que son inventeur soit un Français, un certain Édouard-Alphonse Ollion, dessinateur industriel demeurant au 33, rue Neuve-Saint-Eustache, à Paris, dans la Seine, lequel déposa le 17 juin 1859 un brevet pour un « genre de papier transparent dit papier-cristal ». Dans sa présentation, longue et très technique, Ollion démontre la supériorité de son invention sur le papier calque (dans sa transparence, sa solidité et sa résistance à l’eau). De nos jours, pour sa fabrication, le papier cristal est obtenu par calandrage, un procédé qui consiste à faire passer à plusieurs reprises les feuilles de papier entre des cylindres en acier, au moins deux, afin d’aplatir les fibres, dans le même sens. C’est ce qui permet d’obtenir cette surface très lisse, mais aussi la translucidité du papier, lequel révèle de nombreuses qualités : outre sa transparence, il est imperméable (à l’eau et autres liquides), antistatique, il a un PH neutre, et offre une protection contre les graisses, les gaz, la chaleur ou la lumière… Il est aussi eco-friendly, puisque biodégradable. Ses usages sont multiples, notamment sous forme d’étuis et pochettes qui peuvent contenir des timbres, des photographies (à condition que le papier soit garanti sans acides), des cartes postales, des bonbons, des biscuits, des graines, des petits objets en tout genre (perles, boutons, etc.) Sous forme de feuilles, il est utilisé dans l’alimentaire – pour séparer les aliments conditionnés –, ou dans la photographie, comme intercalaire, notamment dans les albums.

En couvrant ses livres de papier cristal, on les protège de la lumière, en particulier celle du soleil ; de la poussière du moins le dos et les plats) ; de l’humidité ; des manipulations – la lecture elle-même, mais aussi quand on les fait entrer et sortir des rayonnages. Le papier cristal a tout de même un défaut majeur : il vieillit parfois assez mal. Si les livres qu’il habille ne bougent pas, lui jaunit peu à peu ; au bout d’un certain temps (quelques décennies, tout de même…), il lui arrive même de brunir et, si les conditions sont vraiment défavorables, il se dessèche, se fragilise et peut se casser et se déchirer. Il ne reste plus qu'à le remplacer…

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