Emplettes



commentaire : les éditions Marie Concorde furent créées en 1970 par Christian Bourgois. Y furent publiés notamment les deux numéros de la revue Kitsch, l'étonnant Érotoscope, quelques livres venus de Maurice Girodias… et cet Érotocolor, composé uniquement de photos d'un couple s'essayant à diverses positions. 




Arno Schmidt a la réputation d'être difficile à traduire et à lire. On n'avait jamais mis le nez dans un de ses livres (traduits pour la plupart chez Bourgois et Tristram), et on comprend un peu les raisons de cette réputation, à présent - en tout cas pour la lisibilité.





On n'a pas réussi à terminer ce court livre, prometteur, mais passablement ennuyeux à force de vouloir être cultivé et spirituel. On ne connaissait pas cette petite collection du tout début des années 1930. Sur les neuf titres annoncés, seuls six ont vu le jour :

Une provinciale en 1830 - Un avocat en 1830 - Une étoile en 1830 - Une femme d’esprit en 1830 - Un excentrique en 1830 - Une conspiratrice en 1830

On est très intrigué par le “pitre” : de qui / quoi pouvait-il s'agir ?




Il y avait au Marché d'Aligre de nombreuses “nouveautés livres” chez un des brocs. Parmi les clients (au masculin, rien que des hommes), l'un d'eux faisait son important, prenaient les livres sans presque les examiner, et les rejetait avec dédain, accompagnant son geste d'un soupir ou d'une exclamation exaspérée. Il nous précédait dans l'examen de la longue table couverte de bouquins. Celui-ci, le Fraigneau, il en a regardé la couverture, l'a retourné et l'a remis sur sa pile en marmonnant. On s'en est emparé quelques secondes plus tard et on l'a entrouvert - découvrant ainsi avec une certaine jubilation l'envoi qui l'enrichit. 





Il a quelque chose d'émouvant ce petit livre rouge, avec son étrange reliure (impossible de déterminer la matière utilisée), son curieux papier papier “marbré” qui fait d'ailleurs plutôt “boisé”, la signature de l'auteur et, enfin, ce double tampon en page de titre. Les Essayistes est une espèce de club-mouvement d'artistes, intellectuels et écrivains francophones créé au Caire en 1927. Ils éditaient une revue, L'Effort, qui paraîtra jusque dans les années 1930. On imagine que le livre de Lacretelle faisait donc partie de leur bibliothèque…





Même histoire que pour le Fraigneau - mais notre “important” ne l'a même pas regardé ni touché, celui-ci. C'est la première édition de ce livre qu'on n'a pas spécialement envie de lire. On va plutôt le mettre en vente sur le site habituel…




Commentaires

  1. Je n'avais jamais entendu parler des improbables éditions Marie Concorde. Le nom de leur fondateur les rend plus improbables encore. On apprend chaque fois quelque chose dans cette rubrique.
    Arno Schmidt est déroutant de prime abord mais on « pige le truc » au bout de quelques pages et ça devient formidable. Lisez les deux pages que lui consacre Manchette dans ses Chroniques, ça vous donnera envie de persister. C'est devenu un de mes auteurs préférés.
    Le Ned Crabb est exactement ce qu'en dit Claude Mesplède sur la quatrième de couverture.

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    1. Pour ce qui concerne Marie Concorde, il semblerait (c'est ce que j'ai cru comprendre) que Jean-Paul Bertrand (passé par 10/18) était aussi dans le coup. Sauf erreur, cette maisonnette a eu une existence éphémère : 1 ou 2 ans.
      Pour Arno Schmidt, je l'avais déjà rangé avec les autres 10:18, mais le vais sortir et réessayer…

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  2. Pour le Lacretelle, ne serait-ce pas une percaline ? Pour l'Érotocolor, merci d'avoir ravivé ce souvenir de libraire fouillant dans les vieux stocks...

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    1. Oui pour la percaline - enfin, je pense. Mais elle un côté "grossier", "rugueux", qui m'a fait douter.

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